Serge K: 50 ANS DE BRANCHITUDE ! ou «A la recherche d’une nouvelle spiritualité laique »
De 1958 à la bande des Halles
1958 : la bande des Champs croise celles de la Muette avec les frères Merlin (140 en moto rue de la pompe avec copines en amazone) les premiers allumés du pétard (je ne donnerai pas de nom) cela fait 2 ans que je retrouve sur les Champs mes nouveaux copains au Français, bande de 100 dandys qui après la séance de patin à glace au rond point des Champs Elysées au "Palais des glaces" (muzik à fond Elvis, les Platters, Little Richard, que de la bombe) se retrouvent la pour respirer entre initiés de rock&roll, de fringues et de vie nouvelle : 1ers potes reubeu , Moustapha et ses dents en or massif (il volait régulièrement un camion à son père pour nous emmener en boum) premiers mélanges (entre fils de milliardaires et zonards affranchis) milieu très fermé, inaccessible aux ringards qui zonaient à distance dans l’espérance de je ne sais quelle miette de chic et de fun: certains, quelques années après, quand on avait émigré entre le Scossa place Victor Hugo, le « Troca » ou ne venaient que ceux qui avaient une moto, et plus tard la Muette grand rendez-vous des caisses décapotables (d’origine parfois douteuse) et je pense à quelqu’un en particulier, n’ayant jamais eu le droit de franchir le trottoir qui séparait les inclus des exclus, certains donc ont consacré toute la fortune de leur famille, toute leur vie, à se venger, devenant ainsi porte parole de la gauchitude néo-hippy américaine et foutant sur la route (en France à la rue) des centaines de petits paumés naïfs qui ont cru en leurs jérémiades faussement underground et pensant que l’on pouvait vivre de l’air du temps, du chilum, du mythe, devant un certain magazine qui avait l’air si révolutionnaire et conquérant (merci les économies de papa) d’autres deviendront milliardaires et très présents au pouvoir actuel, beaucoup bien sur disparaissent et je pense souvent à eux qui nous attendent n’est ce pas….
Mais on est encore au début des 60′s et le Drugstore pointe son espace génial en haut des Champs, après que le groupe ait fait une escale au Mammy’s rue Washington, au centre américain des derniers GI’s rue Pierre Charon (bandits manchots) au Malene (juke-box et danse 3/3/2 fallait assurer).
En 1962, Je deviens photographe, sors avec Nico (du coup j’écoute son amant un pti nouveau nommé Bob Dylan, sa voix de chat écrasé a fond dans ma Lancia cab’) on part en escadrilles en Espagne (Playa de aro vide St Tropez : on est chez nous, enfin!): Jaques Lafitte a peur quand je vais trop vite (je le comprends) José Gonzalez mets un bonnet de nuit (lol) Jaques Deloffre est mon ami, et toute la bande déboule on est au paradis : 2 ans après les immobiliers ont construit des tours tous les 10 mètres, on fuit le rêve assassiné!
Les Années Castel
Puis arrivent les années Castel, LA boite la plus authentique du monde, ou se croisent Orson Wells, Vadim, voyous géniaux et mutants de toutes sortes avec une règle : entrée exclusivement réservée au "feeling people", rois du pétrole et autres crapules refusés par l’imperturbable Hughette, et bifurqués fissa chez l’ignoble Régine, ou règnent fric et vulgarité des milliardaires et de leurs rejetons (et rejetés) Merci maitre Castel généreux et distant patron du paradis, qui acceptait des petits désempares comme moi pour pas un rond (faut dire que mon super ami, Philippe Debarge et aussi et mes copines plutôt canon me servaient de passeport).
Il faudra attendre des années (75) avant que Guy Cuevas, 1er DJ inspiré, ne redonne (au 7) en lançant la disco très révolutionnaire, une esquisse de ce qui se passait tous les soirs rue princesse… (Pacadis venait m’interviewer pour Libé afin que je fasse comprendre en quoi le disco avait détrôné le rock je pense lui avoir suggéré que les filles et les homos préféraient)
Entre temps je fais le relais dans mon appartement des halles, en 70, ou je reçois porte ouverte chaque nuit mes nouveaux amis : Yves (Adrien) et son Sancho Panza Alain Pacadis, Marc Zermati, rescapé du drugstore, Kalfon très en forme et une bande de purs génies complètement barrés qui inviteront chez moi les new york dolls, totalement passés inaperçus au milieu des freaks illuminés… ma cadillac 55 cabriolet nous trimballe tous avec du Barry White, provoc suprême, au milieu de eno, le velvet ,blue oyster cult et Bowie en boucle… que demander de plus ? la bande suivante !!!
La bande des Halles
La fameuse bande des Halles, les 1ers à intégrer branchitude et urbanisme moderne, éclat intellectuel et rigueur, fashion et groove, la très brillante et pétillante bande des halles: Philippe Morillon, Dominique Gangloff, Roland Millet qui m’adopte après un nuit d’hospitalité en me découvrant au réveil avec mes 2 délicieuses amantes, la très belle et noire Lydia (Lili) qui courait les seins nus en faisant l’avion pour emmerder tout le monde (14 ans et 1/2, autorisation en règle de sa mère et la grande Lolo (si) sublime blonde fraiche comme un marbre blanc branchée sur le 380, drôle, sauvage, son père avait des chevaux, quel bonheur de s’aimer, de rire et elles étaient très amies (même age je sais c mal vu-mais trebeau a voir) bref Roland pige tout se marre et m’adopte et me fait rentrer dans son cercle d’amis : qui n’apprécient pas mes jeans en plastik panthère, mes plateformboots argentees, ni mon fond de teint orangé : la cad les cabre et mes copines les agressent, en plus ils me trouvent trop vieux (35 ans et eux 25 ?) Mais Roland est leur guide et impose ma présence en tant que «son» ami, puis les autres m’adoptent en grimaçant : brillants, lucides, péchus, raffinés impossible de diner dans un ptit resto cheap sans être 30 ! Ils sont dans la mode, la peinture, plein d’homos de génie (Francois Wimille, Philippe m,maud Molyneux et l’irremplaçable Pakita, Adeline Andre, tout le monde est mi punk-mi glamour, mi classe -mi prolo : on sort tous les soirs toutes les nuits toute la nuit !

Photo issue du site : http://paris70.free.fr/skruger.htm
Et enfin je leur montre ma nouvelle femme que j’avais retrouvé après 3 ans d’absence : EDVIGE, chopée place d’Italie, flashee et moi killé par sa grâce et son mystère, sa beauté sauvage et ses seins sublimes. Elle vit avec moi et me largue 3 mois après pour une truie genre policière en mission qui lui parle comme à de la merde et qu’elle suit sans broncher! !!!
6 ans plus tard Dominique (Gangloff) nous plante en ne se ratant pas au shout : c’était mon seul vrai ami et tout s’est arrêté la pour moi, j ai tout continué SEUL.

A SUIVRE ?

Retrouvez Serge Kruger sur : http://www.aristocratiepopulaire.com





Lydia faisait l’avion en courant avec pour unique vêtement une cape en velours…..Miaou
[Répondre à ce commentaire]