Un jeune homme partait pour s’isoler, étant bien triste des autres. Il lisait et il écrivait sur la nature des choses.

Enfermé dans sa demeure, il était en songe quand soudain un vieux vilain venait le séparer des anges :
Qu’as tu donc, mon petit fils, disait le vieil homme. Je suis triste et demeure seul pour écrire des contes sur le monde des hommes. Ah, fit le vieillard et touchait mon bras. Ca, c’est quoi, demandait-il. Mais, c’est mon bras, répondais-je. Ca, c’est quoi, touchant ma cuisse. Mais, c’est ma cuisse. Et ça, c’est quoi? C’est ma poitrine. Et ça, c’est quoi? Mais, c’est mon pieds! Là, je suis ou? Mais, sur mes fesses!! Là, je touches quoi? Tu touches mon sexe !!!

Révolté, je le repoussais. Qui t’as permis de t’introduire ici pour m’importuner, m’écriai-je. Mais, prétendant d’avoir tes yeux pour regarder le monde, ne vois tu pas que je suis toi après qu’il fit seulement un tour ? Regardes mon bras, regardes mes fesses, regardes mon sexe et dis toi bien en regardant que ce que t’as vaut bien la peine d’en jouir tant qu’il est encore temps.

Après demain, ce serait trop tard et tout tes contes ne pourront pas faire revenir ta chair perdue, ton bras, tes cuisses, tes pieds, tes fesses, ton sexe et tu seras bien perplexe. Perplexe, je le suis déjà, mais en te regardant, je te l’avoue, je suis d’accord, je le veux bien, jouir du corps.

Sur ce, le vieillard ne fit qu’un tour, quitta la demeure et ne faisait plus irruption. Et le jeune homme songeait comment jouir de son corps.

Il était alors là, seul dans la nature quand la sienne se réveillait aussi et il répertoriait :
Partenaires possibles : lézards, oiseaux et écureuils. Même pas un renne, parlons pas d’élans, ça aurait été trop beau. Donc, moi tout seul et… moi. Ca a commencé sur la pelouse. Je me lavais sous la pluie et toc, la trique. Je jetai l’éponge, je m’adossai contre un pierre, les gouttes me tombaient sur la peau, j’étai tout chaud, la pluie toute froide et chaque impact me transperçait et me serrait les couilles. Il flottait de plus en plus, ça tombait lourdement sur moi et moi, je tombais lourdement en sus.

Exténué et tout fumant, je m’allongai sur l’herbe.

Puis, ce fut la récidive dans ma petite couchette. Un souvenir d’adolescence, un merveilleux confinement entre les parois en bois, le matelas bourré de laine des moutons de la ferme. Là, c’était un autre scénar, des pensées aux dix garçons au déclin de mon enfance, aux randonnées pédestres et aux auberges de ma jeunesse. Les main épais de l’un, le torse velu de l’autre, les cuisses juteuses du troisième, la queue durcie venue d’ailleurs, les couilles lourdes du cinquième, les fesses bombées bien appuyées, le souffle fort du septième, l’odeur confit d’une autre bête, le râle suprême de l’infinie.

Quand ça était achevé, je n’y ai plus pensé, puis ce fut à la latrine que ça recommençait. Ca sentait bien la terre fumante, j’étais bien chaud et mollasson, j’étais que cul, j’étais que cuisses quand un intrus pointait son nez et là, ça était reparti, même à la latrine. Les fesses collées au bois humide, le dos appuyé contres lattes, les pieds en rangers relevés, le slip pendant sur un genoux, un lézard paniqué en fuite et moi qui explosait partout.

Mais, c’est dégueulasse, ce déballage et ça n’a aucun intérêt, puis on en as rien à foutre, c’est ce que vous pensez?

Mais oui, c’est déguelasse, bien sure, ça n’a pas d’intérêt, mais en ce qui concerne le foutre, il y en avait!

Et puis, ça fait du bien… n’est ce pas?

Amorale de la semaine : Ce que tu ne veux pas subir seul, fais le avec tout les autres.

Aller, faire, voir : Faire tout ce qui est décrit ici dans l’enceinte de la ville de Paris!

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