Ben voilà mon doux lecteur tu vas lire un truc de moi un peu différent de ce que tu as lu jusqu’à présent. Alors faut que je te prévienne, là on n’est plus dans l’autobiographie. Ma petite vie de voyou je te l’ai racontée et je vais continuer à le faire dans le Grand Bazart, mais ce que je vais te livrer maintenant c’est de la fiction… Alors prends pas tes airs de grande duduche choquée en me disant « Mais Monsieur Batdaf vous avez vraiment baisé et mangé un cadavre ? » parce que je sens que ça risque de m’agacer…

C’est pas parce que l’histoire est à la première personne que c’est vraiment moi qui parle… « Je est un autre », enfin c’est souvent un autre et parfois c’est moi… A toi de faire le tri ou de pas le faire, c’est ton problème. Mais bien sûr, même si les faits racontés sont de fiction, y’a des moments où mon petit personnage ben y cause un peu pour moi. Pas tout le temps, mais parfois… ou souvent… Va savoir !

Tu vas voir qu’il est gratiné mon narrateur ! Comme gendre idéal on fait mieux… Mais en même temps, même si le mec est complètement barré, j’espère que par certains côtés il te touchera. En fait s’il ne t’émeut jamais j’aurai loupé mon coup, parce que mon objectif avec ce roman c’est de te montrer que même la dernière des saloperies peut avoir, si ce n’est des excuses, au moins une part d’humanité qui en fait (un peu) notre semblable. Et pour ce qui est de la saloperie humaine, tu peux me faire confiance je connais… Des cours en fac de saloperie je pourrais donner moi !

Enfin, dernière chose, pour ce roman-ci je vais te filer que des extraits. Ben oui, faut que j’en garde un peu  au frais pour un éventuel éditeur. Bien sûr je vais tâcher de te filer le meilleur, mais y’a quand même certains morceaux que je vais me garder sous le coude. J’essaierai en faisant mes "coupes" qu’il n’y ait pas d’incohérences ou de trucs incompréhensibles au fil des épisodes, mais si c’était le cas m’en veux pas trop.

Bon je te laisse avec le teaser. A partir de demain t’auras un nouvel épisode chaque jour pendant toute la semaine et après on passera à un extrait « hebdromadaire » comme dit mon pote le chameau. Si t’as parfois le temps de me dire un peu comment tu réagis, ça me fera plaisir que tu balances un petit commentaire, et puis sinon, ben tu fais comme presque tout le monde, tu passes, tu prends et tu te tires en loucedé sans dire merci, ou merde, ou je sais pas quoi…

Teaser de LA ROUQUINE

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Normalement la saloperie elle n’est pas gratos, elle a un prix comme le reste, et ce prix à casquer c’est les années de placard… Ben fous-moi au placard connard, de toute façon dans deux ou trois piges je serai crevé, mon sida aura gagné la partie, alors qu’est ce que j’en ai à foutre de ta punition… Franchement tu peux te les carrer dans le cul tes flics et tes magistrats… je m’en tamponne ! Que veux-tu qu’ils me fassent ? Un trou dans l’oignon ? J’en ai déjà un ! Me pourrir ma vie ? T’as même pas idée de ce que ma vie a été pourrie jusqu’à maintenant ! M’enfermer ? Mais tu crois que ça sert à quoi la liberté quand t’as pas les moyens d’en jouir ? Liberté pour quoi faire ? Pour être méprisé toute la journée, pour attendre après un smic, une assedic ou un RMI, pour être toujours celui pour qui « ça va pas être possible monsieur » ? Ben tu peux la garder cette liberté mon frère, elle m’intéresse pas, je préfère nettement la vraie liberté… Celle de ne pas vous craindre, ni toi, ni ta loi, ni tes flics, ni ton Dieu… Celle de t’arracher la gueule quand tu poses sur moi ton regard méprisant, celle de prendre ce que je veux, quand je veux, y compris ta putain de vie d’enculé, ou le cul de ta gonzesse. J’en veux pas, j’en veux plus de ta générosité, de ta compassion, de tes subventions, de tes aides misérables… Va te faire foutre mec, tu m’as toujours méprisé… ben maintenant tu vas me craindre ! Aujourd’hui j’ai décidé que t’avais plus de pouvoir sur moi, que tu pouvais rien me faire, que le danger c’était moi et pas toi !

De toute façon du pognon y’en a partout, plein les banques, plein les rues, plein les magasins, plein les appartements… Pourquoi se compliquer la vie, y’a qu’à se servir ! En fait le seul truc qui t’empêche d’être heureux, ou du moins d’avoir ce que tu désires, parce que le bonheur c’est sans doute autre chose, c’est la trouille de te faire choper ! Si t’as pas peur, rien ne t’arrête… Tu rentres dans un supermarché, tu piques la caisse, le premier qui veut jouer au héros tu lui exploses sa tronche de superman avec de l’acier blindé et tu te tires… Où il est le problème ? Si les flics arrivent ben tu tires aussi… soit ils te fument et t’auras pas le temps de le regretter, soit ils te blessent et tu t’en mets une toi même dans la tronche comme un grand, soit tu te sauves… No Futur mec ! Et rien à branler de rien ! Si t’es prêt à arrêter ta vie dès qu’elle te convient plus, de quoi ou de qui tu peux avoir peur ? Qu’est ce qui peut te retenir ? Ca va pas, y’a un truc qui te convient pas, que t’as pas envie de vivre, qui te semble trop douloureux… BANG ! Plus de douleur, plus de peur, plus d’angoisse, plus rien… Tranquille tu es ! Depuis que j’ai pigé ça grâce à la Rouquine je me sens bien comme je me suis jamais senti. Le jour où tu réussis à ne plus vivre que l’instant présent, sans jamais te soucier de ce qui peut se passer cinq minutes après, t’es le plus libre, donc le plus incontrôlable des hommes… et peut-être le plus heureux ! Je sais pas si ça va me rendre vraiment heureux, mais vu toute la merde que je vis depuis quarante piges y’a peu de chances que ce soit pire…

Qu’est-ce que je risque à essayer ? Ma vie ? Rien à foutre !

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