Quatre hors-la-loi avancent flingues à la main dans une ville mexicaine. Le quartier général de militaires mexicains adeptes de la révolution. Des militaires grossiers, mal rasés, abrutis à l’alcool fort et aux filles de joie légèrement vêtues. Les quatre hors-la-loi, des gringos, annoncent la couleur : «We want Angel ». Angel, leur compère tenu prisonnnier par les méchants militaires mexicains. S’ensuit une fusillade de grand luxe, tournée en douze jours. « We want Angel ». C’est donc en regardant pour la vingt-septième fois La Horde Sauvage de Sam Peckinpah que je mis à penser à Angel. Ou plutôt Angell, avec deux « l ». Angell Summers, la nouvelle starlette du porno gaulois. La charmante jeune femme vient en effet de recevoir le Hot d’Or de la meilleure starlette 2009.

Angell Summers est née à Chartres. Comme Arlette Chabot et Mireille Dumas. Dans quelques années, gageons qu’elle sera le monument emblématique de la ville, après la cathédrale, évidemment. Angell Summers serait d’ailleurs très mignonne en nonne. Une possible reconversion après sa carrière dans l’industrie pornographique ? Les instances catholiques auraient tout à y gagner. Une femme infidèle qui ramènerait des fidèles. Excellent concept. Mais nous n’en sommes pas là. Angell n’en est qu’à l’aube de sa carrière.
Pour l’instant, on a pu admirer les prouesses d’Angell Summers dans une dizaine de films dont Alice, Sandy, Blanche et les autres (ce titre à la Claude Sautet !), Les Chiennes (un hommage poignant et sincère à La Chienne de Jean Renoir) ou Coloc’ n’ roll (un jeu de mots digne de Libération). Dans French Angels de Christophe Clark, Angell Summers montre qu’elle peut, sous l’effet d’orgasmes multiples, se transformer en distributeur automatique de cyprine. Impressionnant. Dans Montre-moi du rose de John B. Root, Angell joue le rôle d’une écrivain qui doit écrire un roman pornographique. N’ayant jamais eu d’orgasme, elle peine à écrire les scènes de jouissance et de plaisir sexuel. John B. Root effleure ici les antagonismes entre l’empirisme et le jugement synthétique kantien. En effet, selon l’empirisme, l’expérience sensuelle est l’origine de toute connaissance valide, tandis que selon Kant, la connaissance et le jugement sont indépendant de l’expérience. Lire Critique de la raison pure pour plus de renseignements. Dans l’intérêt de son film, John B. Root opte vite pour une illustration de l’empirisme et c’est en connaissant l’orgasme, dans un ébat l’unissant à Titoff, qu’Angell pourra terminer son livre. La philosophie est plus simple qu’il n’y paraît et ce film devrait être étudié en classe d’hypokhâgne. Un peu de pédagogie ne fait pas de mal, messieurs les professeurs.

Dans Scandale dans la famille de Christian Lavil, on nage en plein marivaudage. Angell Summers sont mari avec son beau-frère (dans la cuisine) tandis que le mari succombe aux avances très explicites de sa belle-mère (dans la salle de sport). Finalement c’est ça le porno, du marivaudage avec des sodomies filmées.
Angell Summers vient de tourner une scène avec l’acteur Max Cortes. Interrogée par sa consoeur Nina Roberts, elle évoque le tournage avec candeur et naturel. Ce qui nous vaut ces phrases exquises : « J’ai eu le cul tout rouge. Max m’a pas loupée, je crois. Avec des fessées et des claques dans la gueule… Il m’a craché dessus. Ils sont dégueulasses ces acteurs, il vous crachent dessus ! » Comment ne pas aimer une telle femme ? Et pas d’amitié bien sûr. D’amour. Comme l’écrit Jules Barbey d’Aurevilly, « l’amitié d’une femme, c’est un amour vierge ou un amour veuf ».





Joli papier, jolie jeune fille
Tu vas faire concurrence à Francis Pull !
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Et merdeu… je croyais que c’etait Francis justement…
pas mauvais du tout… bonus pour avoir evoque Kant et la Critique de la raison pure dans un tel contexte… de meme bonus pour avoir utiliser les mots cyprine et hypokhâgne a moins de 4 paragraphes l’un de l’autre. Calecon bas…
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Je trouve très agréable d’être copié lorsque le copieur a du talent. Et Marc Déposée en a et pas qu’un peu.
Francis Pull
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Je suis assez fier de citer Barbey d’Aurevilly dans une chronique porno. D’ailleurs tout le monde devrait le faire : chroniquer des pornos et citer Barbey d’Aurevilly. Les deux en même temps, c’est encore mieux.
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Aussi, en passant, cette photo d’Angell Summers en plein orgasme est vraiment réjouissante.
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Qui sera la starlette 2010 ?
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