Un de mes premiers vrais potes s’appelait Benjamin…
Je l’ai rencontré, j’étais encore gamin, dans les 17 ans. J’étais élève en Terminale et il bossait comme garçon dans un café à côté de mon lycée. Il devait avoir sept ou huit ans de plus que moi et on est devenu copains assez vite… C’était un drôle de mec, sympa mais un peu secoué… et puis ça s’est pas arrangé au fil des années… On a commencé à sympathiser sur des histoires de politique…
Moi, comme tu l’as peut-être compris, j’étais pas franchement de gauche… Mon look c’était plutôt cheveux rasés et parka militaire que « pataugas et patchouli » comme dit mon copain Renaud… Politiquement je me situais un peu à la droite de Gengis Khan… Attends, y’a un mot pour ça… je l’ai sur le bout de la langue… Facho, c’est ça… J’étais facho, faf, fasciste… Mais ça encore, c’était plus une histoire de potes que de convictions… En fait j’étais d’extrême droite, parce que c’était dans ma nature d’être à un extrême, toujours sur la marge, toujours en train d’essayer de franchir la limite, et qu’ étant d’une famille de droite, bourgeoise, j’ai plus facilement tendu vers ça que vers l’opposé… Je suis persuadé que né dans un autre milieu, avec des parents socialos j’aurais été coco ou mao ou trotsko… Tout ça c’est un peu de la foutaise… un désir de faire chier et de traîner en bande… et quitte à être avec un groupe autant qu’il soit le plus violent et le plus craint possible…
D’ailleurs, très rapidement, tout en restant dans les milieux fachos, j’ai changé de bande, je me suis retrouvé avec des mecs beaucoup plus prolétariens, des lascars qui venaient de milieux ouvriers et qui étaient pour un fascisme à l’italienne… Dès mon arrivée en fac, j’ai rompu avec les petits gosses de bourges qui jouaient aux fafounets à Assas pour m’engager dans une mouvance beaucoup plus dure, beaucoup plus radicale, révolutionnaire… rien à voir le Front National… On était anti-capitalistes à fond, anti-bourgeois, casseurs, fouteurs de merde… en fait nous étions très proches des mouvements anars, les autonomes, les "totos" comme on disait à l’époque… La majorité des mecs que je fréquentais n’avait pas de convictions politiques profondes… quelques principes répétés en boucle, adoptés mais pas forcément compris… Ils étaient incapables d’avoir une vraie discussion politique… ils étaient fafs parce que « tu veux une beigne ? »… D’ailleurs le racisme avait très peu court dans cette mouvance… tous mes copains venaient de cités, certains de quasi bidonvilles dans les environs de Nanterre… tout ça avait grandi entre arabes et noirs, le racisme était pas possible.
Dans notre groupe y’avait des asiatiques, des maghrébins, des antillais, un africain et puis des gosses d’espagnols, italiens, portugais dont les parents étaient venus travailler en France… Tous ces mecs s’étaient retrouvés à l’extrême droite par le hasard des rencontres et des amitiés, parce qu’ils avaient fait un jour du sport avec un mec qui les avait un peu embrigadés, parce qu’ils avaient envie de fréquenter une bande et que celle-là traînait près de chez eux… A quoi ça tient, souvent la vie, les engagements à la con… à pas grand chose… et pourtant pour beaucoup de mes potes ça a été déterminant, un paquet sont morts, ont fait beaucoup de prison, se sont retrouvés infirmes, ou fous… d’autres sont devenus mercenaires, tueurs, voyous… et puis quelques uns s’en sont sortis… pourquoi eux et pas les autres, va savoir… question d’être à tel endroit, à tel moment, et ta vie part dans le mur ou l’évite…
Tu sais je crois que c’est pour ça que maintenant, je pardonne beaucoup de choses à l’humain, je ne dis pas que je l’excuse, je suis persuadé que c’est une vraie saloperie l’homme, mais en fait tellement misérable, tellement soumise aux aléas, tellement peu responsable de son sort… Ca veut pas dire que je sois indulgent ou tolérant, Claudel disait « La tolérance… y’a des maisons pour ça ! », bien sûr qu’on peut pas tout excuser, tout laisser passer… bien sûr qu’il faut que la société se défende, qu’elle protège les plus faibles ! Même si j’ai une certaine tendresse pour Rousseau, je crois que c’est Voltaire qui a raison quand il prétend que l’homme est naturellement mauvais et que seule la peur du gendarme le contraint à se conduire à peu près correctement… Mais en même temps y’a pas beaucoup de crimes que je juge « incompréhensibles »… pas beaucoup d’hommes qui sont pour moi impardonnables, on peut punir et pardonner… même on doit le faire. C’est rare que je sois persuadé que si je m’étais retrouvé dans les mêmes circonstances que n’importe quel salaud, que si j’avais eu la même enfance, les mêmes traumatismes, les mêmes galères, je n’aurais pas peut-être agi comme lui… Et quand je suis certain que je n’aurais pas fait ce qu’il a fait, souvent c’est parce que le mec est dingue… ou en tout cas d’une dinguerie différente de la mienne…
Elle est pas belle la vie ?





Moi, le mot fasciste, ça me donne des boutons… Et puis, ,je suis comme Cioran, je me méfie des idéaux politiques et philosophiques, ça ne m’empêche de te faire un bisou à la figue…
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rassures toi tu n’es pas le seul à avoir errer sur cette ligne ( ;
je vendais à 14 ans l’action française à Versailles. imper’ kaki, gants en cuir, nuque bien rasée…
à présent , ça va mieux. je prend mes gouttes le soir et mon cachet le matin.
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et puis on a pu aussi compté un certain » François Mitterand » à l’Action Française…
comme quoi ((((( ;
« et vive le Roy ! à bas la république !
et vive le roy ! la gueuse on la pendra !
et si on la pend pas, on lui cassera la geule !
et si on la pend pas, la gueule on lui cassera ! »
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Je vois qu’interzone n’avait pas pris ses gouttes à 22:03…
Toute facon, nous les gueux on est pas de gauche, ni de droite, ni d’extreme, on est des gueux !
De la chair à canon quand ca s’echauffe et de la chair à torgnole en version soft.
Une chose est sure. Quitte à prendre des baffes, autant les prendre pour soi et pas pour un étendard ou un con.
Un anarchiste un peu tordu
Thierry
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je mettais en avant que les personnalités riche à l’intérieur peuvent être une personne un jour et une tout autre un jour suivant. et c’est très bien comme ça.
je doute donc je suis.
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c’est quand même une forme d’indulgence…le pardon.
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Pas mon préféré.
Rien à voir avec le thème mais moins captivé !
Ah les joies de la lecture
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@ milady.
je pense qu’ici personne ne recherche le pardon de qui que ce soit. assumer ses bons et ses mauvais côtés c’est l’essentiel. batdaf (qui est le sujet principal de cette page) , nous le démontre toutes les semaines.
» j’étais comme ça » et si ça plait pas et bien …
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ça me rappelle que j’ai failli me faire lascérer mon loden, quand en mai 81 j’ai fait le V à la Jacques Chirac, dans la cour de mon lycée, privé-kato bien sûr, de Versailles, rien que pour faire chier les pseudo fachos et assimilés, dont les parents envisageaient sérieusement de franchir l’Atlantique avant l’arrivée des chars de l’armée rouge.
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Tssss .. parler de pardon .. Pfff ça me fait penser à Roger Hanin, et ça me gâche la journée.
Et, heu, la droite de Gengis Khan, est-e que ça correspond à la gauche de Benoît XVI ? Ou à un upercut de Rambo 2 ..?
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L’intérêt du mot fascisme, chère Stéphanie, c’est justement que ça provoque des éruptions cutanées immédiates dès qu’on le prononce. C’est pourquoi on aime bien, quand on est comme Batdaf ou moi, environné d’étriqués de la cervelle le prononcer pour voir comment soudain se déclare l’indignation vertueuse.
Après, faut réfléchir. ET bin vois-tu, jeune créature, je me dis que je préfère encore maitnenant, 25 ans apès tout ça les durs évadés des cités de MAntes la jolie porteurs de croix celtiques aux jeunes giscardiens de l’époque ou aux aventuriers en peau de lapin porteurs de loden dans un lycée de versailles et qui se donnent des sensations à bas prix.
Comprends-moi, Stéphanie je te traite pas d’indignée vertueuse ; j’t'explique juste (je devrais soigner ma prononciation) pourquoi on peut être un Batdaf marginal et tout ET facho, ET conchier les ptits bourges tout mou.
Batdaf, si tu nous regardes, jt’embrasse
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