Pour ceux qui ont raté le début : Nat vous quitte en rentrant de vacances pour partir avec son prof de kayak, votre boulot de banquier à la BNP est au moins aussi chiant que Thierry Lelay, votre chef. Pourtant, ils sont contents de vous à la BNP alors ils vous envoient en séminaire à Madrid. Seulement dans l’avion, vous rencontrez Marina et maintenant vous préférez Marina aux réunions. Maintenant c’est Nat qui vous rappelle 6 mois plus tard…
Vous n’osez plus fermer les yeux. En environnement hostile, l’équilibre est une donnée relative. Vos lèvres sont occupées à échanger des liquides corporels parfumés au Johnny Walker. Debout sur un podium de discothèque, abreuvé de fumée, de lumières noires et de rayons lasers vous risquez votre vie à chaque tentative de pas de danse. Les lumières se mélangent devant vos yeux. Vous êtes au centre du système solaire, mais êtes le seul à tourner.
Quelqu’un vous tient la main en vous glissant quelques mots à l’oreille. Vous ne comprenez pas cette langue mais, votre sang rempli de psychotropes, vos cellules abreuvées d’adrénaline, vous ne pouvez rien faire d’autre que sourire. Elle vous accroche à elle et frotte son pubis contre le vôtre. En temps normal, votre pudeur vous aurait interdit quelconque démonstration de désir physique. Pourtant aujourd’hui vous êtes différent, vous n’avez pas peur. Vous bandez et ça la fait rire.
L’amour véritable n’existe que dans St Paul ou dans les discothèques. Vous avez passé votre adolescence dans les monastères parce que vous pensiez qu’il fallait vous préparer à bientôt voir Dieu. Quinze ans plus tard vous dansez la fin de l’amour sur un tube de David Guetta.
Love is gone.
Vous êtes allé au Pacha Madrid comme vous êtes allé à St Pierre de Rome. Les Églises comme les night-clubs sont des théâtres où l’on célèbre la mort certaine en priant pour la vie éternelle. Au centre de la piste et au milieu des Bacchantes, vous glissez vos mains sous les jupes de votre prochain.
Love, don’t let me go.
Un type vous attrape le bras et vous sépare un instant de votre nymphe. Vous vous retournez brusquement, prêt à en découdre avec l’importun :
- Tranquille Victor, c’est moi, Guillaume.
Vous soufflez, la pression redescend, vous vous souvenez de qui vous êtes.
- Je vois que ton stage se passe bien, moque-t-il en jetant un œil sur cette fille certainement mineure. Tu lui as demandé sa carte d’identité avant de te promener dans son soutien-gorge ?
Un peu gêné par tant de transgressions simultanées, vous confessez :
- C’est vrai qu’elle me paraissait un peu jeune. Elle m’a dit des trucs à l’oreille en espagnol. J’ai juste compris qu’il fallait que je l’embrasse tout de suite. Je ne sais pas ce qui m’a pris, désolé.
Il s’agace :
- Pourquoi tu t’excuses ? je ne suis pas ton père. Ici tu fais ce que tu veux, tant que tu assumes.
Vous trinquez.
- Mais c’est vrai qu’elle a pas l’air bien vieille ta petite, rigole-t-il.
Se sentant observée, la nymphe s’éloigne. Vous buvez une gorgée. Les glaçons ont fondu. Vous avez chaud. Votre langue se délie :
- Tu la connais depuis longtemps Marina ?
Il s’amuse, boit une gorgée de rhum et répond :
- On s’est connu en Espagne. On est tous tombé amoureux d’elle quand on l’a rencontré. Si je n’étais pas maqué… semble-t-il regretter. Fais gaffe cette fille est dangereuse.
Il l’aperçoit au loin, une bouteille d’eau à la main. Elle se sait regardée et se dodeline un peu plus.
- Pourquoi tu me demandes ça ? Tu n’étais pas amoureux de ton ex tout à l’heure ?
Le DJ lance Bob Sinclar. La salle devient hystérique.
- Depuis que Nat m’a quitté, l’amour pour moi est devenue quelque chose de complexe. Je couche avec des femmes que je n’aime pas et aime des femmes avec qui je ne couche pas. Je ne sais plus ce que je veux.
On vous renverse un verre entier sur le pied. Elle a les yeux verts, vous lui pardonnez.
Guillaume s’assoit avec vous sur une banquette en velours bleu nuit.
- Pense d’abord à ce que tu ne veux pas. Moi si je suis parti, c’est avant tout pour échapper au malaise social parisien. Je passais des journées entières à errer dans quelques bistrots. Mon seul espoir était le concours d’entrée à l’ENA. Je l’ai raté, ça m’a sauvé la vie.
Vous sursautez.
- C’est facile de fuir devant les obstacles.
La musique est de plus en plus forte. Vous l’entendez à peine. Il se met à crier :
- Ce n’est jamais facile de partir ni de renoncer. Au contraire, c’est beaucoup plus commode de suivre les rails que d’autres ont construit pour toi, en attendant qu’un jour, quelqu’un te fasse monter dans un train.
Vous restez en silence. Marina s’approche :
- Je vous croyais plus résistant les gars ! Moi je suis en pleine forme. Elle avale une nouvelle gorgée d’eau.
Cette fille est la parfaite synthèse entre une mère et une putain. Vous sombrez dans la névrose. Marina vous sent partir :
- Je t’ai vu à l’œuvre tout à l’heure, très impressionnant ! s’exclame-t-elle. Je te ferai une bonne appréciation sur ton rapport de stage.
Elle vous plaît tellement qu’elle vous agace.
- Merci, mais je crois que j’ai un peu perdu le contrôle de moi-même.
- C’est pas le moment de flancher. C’est moi qui dit qu’en on va se coucher.
Vous obéissez et vous levez pour l’accompagner aux toilettes.
Un trait.
Un autre trait.
Vous sortez de la boîte accompagné de cinq personnes dont trois inconnues aux courbes dantesques. Marina d’ordonner :
- Alors Victor, prêt pour un after avec mes nouvelles copines ?
À SUIVRE





yes yes une after une after!!! vive les deraillements…
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Ah… Le Pacha !
3 000 m2 de n’importe quoi !
Vivement la suite cher TFM
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TFM » il » est comme moi. Y dit un after pour UNE after…
les autres disent comme ça alors… je le dis aussi comme ça…
uuuuune after…
perso je trouve que ça fait con.
mais tout le monde s’en fous.
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