Berne, 54ème minute de jeu, les Pays-Bas mènent 1-0 contre une Équipe de France qui tente de se débattre au milieu d’un océan d’aberrations techniques et tactiques. Thierry Henry, ex meilleur attaquant du monde (de France), se présente seul face à Edwin Van der Saar. S’il marque, la France revient à 1-1 et l’Euro est relancé. Magic Henry tente alors un… lob sur Van der Saar, 1,97m. Le ballon s’envole dans les tribunes et sur l’action suivante les hollandais ne sont pas si circonspects, Van Persie marque sur un centre parfait du hobbit Roben. Les Oranjes mènent 2-0, le match est terminé, et pour les Bleus, l’Euro aussi.

Cette kuiche-là serait une kuiche qu’on aurait laissé traîner trop longtemps après que son principal artisan – Chef Zizou- s’en soit désintéressé. À force de la réchauffer, elle n’aurait plus aucun goût, ni consistance. Mais on s’acharnerait à la terminer parce que « à l’époque » c’était la meilleure du monde. La France ne gagnera jamais plus rien tant qu’elle n’aura pas appris à faire ses kuiches toute seule, tant qu’elle n’aura pas compris que le football est un sport collectif et non une partie d’échec au Roi.

La patrie des droits de l’homme, de la Révolution et du Camembert trop mou quitta donc l’euro dans un bruit de pet foireux et une odeur de boule puante. Le match contre l’Italie ne sera qu’une pâle copie d’un mauvais épisode de Benny Hill, la musique en moins : minute 10, le supposé sauveur de l’équipe (Ribéry) se blesse gravement et est remplacé par Nasri (ex futur nouveau Zidane) ; minute 11, Makélélé sauve un but sur la ligne ; minute 25, Abidal est dépassé par les évènements, provoque un pénalty et est expulsé, Nasri est entré depuis seulement 15 minutes mais doit à nouveau sortir pour compenser la perte d’un défenseur. Le minot est la risée du stade et l’Italie mène 1-0. Le deuxième but italien arrivera comme il se doit : un but contre son camp de Magic Henry. Fin du match, la France est à nouveau humiliée par les italiens  et Domenech demande Estelle Denis en mariage en direct. Benny Hill, on vous dit.

Avec un panache qu’on a encore du mal à mesurer, la France se retire de l’Euro comme elle est parti de la Coupe du Monde 2002 : dernière de son groupe alors qu’elle en était la grande favorite. Perdre dans le ridicule, c’est une façon de garder du génie quand le talent a disparu. Petit conseil, un jour où l’on vous prend en flagrant délit d’adultère ou de mensonge misérable, demandez solennellement votre conjoint(e) en mariage. Vous détournerez l’attention sur votre forfait et passerez pour un dur au cœur tendre. Du génie, on vous dit.

Soyons fier de cette kuiche comme si c’était notre première et sachons honorer celui qui l’a préparé en nous joignant à nos camarades des médias anglais qui ont eu l’intelligence de décerner à Domenech, avant même la fin de l’Euro, le titre de « Pire entraîneur » de la compétition.

Cela dit ce n’était peut-être pas seulement la faute à Raymond. Pour faire une bonne kuiche, un bon cuistot ne suffit pas, il faut surtout de bons ingrédients.

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