Bardaf... Tranquille !Pendant un bout de temps, plus d’un an, je suis sorti avec une pute…

Attention, pas une salope, non une fille respectable, une vraie pute, un tapin, une michetoneuse, une fille qu’allait au tas, à la rue, aux asperges…

Ca aussi ça étonne des tas de gens, comment peut-on sortir avec une pute, plus que sortir même, avoir une relation amoureuse ? Beaucoup comprennent pas, et c’est pas étonnant, comment on peut supporter que sa femme se fasse tringler tous les soirs par une dizaine de mecs, comment on accepte, comment on gère la jalousie… à moins qu’on soit pas jaloux…

Et pourtant, jaloux je l’étais, même chiant avec ça, teigne, casse-couille… Y’a plein de raisons à ça, je vais essayer de t’expliquer.

La première des raisons à laquelle les gens pensent, c’est le pognon. Evident que si tu fais le mac, t’as intérêt à ce qu’elle ait le plus de clients possibles… Plus elle monte, plus tu palpes et tu t’arranges avec la jalousie. C’est fou le pouvoir des biffetons ! Mais honnêtement, moi, c’était pas le cas. Souvent je suis sorti avec des tapins, soit à la rue soit des filles de bars, des entraîneuses ; mais j’ai jamais fait le mac… du moins au sens de vivre du pain de fesse, d’attendre en faisant le beau avec tes pompes vernies et tes bagouses de julot que ta ou tes femmes te rapportent la comptée… T’es pas obligé de me croire, mais moi je suis pas obligé de te raconter… y’a quand même rien de particulièrement glorieux à tout ça… j’en suis ni fier, ni honteux, c’était ma vie et basta… Mais quitte à te raconter autant que je te dise la vérité, sinon je t’invente de jolies histoires et ça s’appelle un roman noir et c’est aussi très bien, mais là c’est pas mon propos. Non y’a deux raisons principales au fait que j’ai eu des aventures un peu sérieuses avec des michetoneuses et avec une en particulier.

La première des raisons, elle est psychologique… j’ai toujours été attiré par la marge, par le différent… toujours eu envie de bêler en dehors du troupeau… tu vois je dis pas faire le loup, juste être différent… Et quelque part, se taper (gratos bien sûr !) une pute, ben ça a quelque chose de flatteur. Une gonzesse qu’est pas en manque de galipettes, que les mecs ordinaires paient pour la sauter, une nana qui voit de la zigue toute la journée, qu’est belle, qu’est bandante, sexy qu’est habituée à ce que les mecs sortent les talbins pour dix pauvres minutes, ou plus ça dépend du prix, avec elle… et qui malgré tout ça, malgré son dégoût des bonshommes et de leurs pauvres hahannements, te désire et te choisit, ben ça a quelque chose de bandant, de valorisant. Ca fait de toi un mec différent… Je veux bien qu’on comprenne pas, chacun sa psychologie, mais moi ça me faisait cet effet là. Et puis les putes, c’est comme les caissières, les pharmaciennes ou les ce que tu veux, t’en as qui sont des merdes et t’en as des très bien. Pas de raisons que ça soit différent dans cette profession, après tout, elles font rien de malhonnête, du moins quand elles se conduisent bien, quand elles font pas « d’entaulage » (entauler, c’est escroquer le client… le voler ou l’embrouiller…), les filles qui se conduisent mal on appelle ça des « bordilles » ou des « boucans »… Les mômes elles vont le chercher leur pognon, elles le gagnent à la sueur de leurs fesses, elles se tapent des heures, elles supportent bien des choses et bien des cons pour rapporter leurs sous à la maison… souvent pour élever leur gamin, pour lui donner ce qu’elles ont pas eu petites… Je veux pas tomber dans l’histoire de la pute au grand coeur, ça aussi c’est des clichés, des histoires de cinéma… mais elles peuvent aussi être des femmes respectables, courageuse, droites… et fidèles !

L’autre raison principale au fait de sortir avec une pute, c’est que tu as des aventures avec les gens que tu fréquentes. Personne s’étonne de voir quelqu’un avoir une histoire d’amour ou de cul avec une collègue de bureau. Ben moi, au bureau j’y allais pas ! Mon taf, c’était dans les boîtes, dans les bars, la nuit que je le faisais… et pas tellement dans les boîtes à teuffeuses… plutôt dans des endroits où tu rencontrais pas beaucoup de gentilles petites étudiantes bien propres sur elles.

Et puis même quand j’en rencontrais, ça pouvait virer sur l’aventure de cul d’un soir ou de quelques jours, mais pas plus… Qu’est-ce que tu veux construire comme histoire avec quelqu’un qu’a aucune idée de ce que peut être ta vie, qui peut pas comprendre ta façon de fonctionner, d’avoir des rapports avec les gens, de vivre…

Qu’est-ce que tu dis au papa de la jeune fille, si elle te présente à sa famille, et que le mec entre le bourguignon et le camembert te demande si t’as fait Sciences Po ou HEC… Bien sûr tu peux mentir, embrouiller… mais ça sert à quoi ? Combien de temps ça peut durer ces conneries ? Ou alors tu dis franchement, « pardon mais il faut que je vous quitte j’ai un lot de calibres, ou de la came, ou des faux talbins à réceptionner… mes hommages madame et à la revoyure les aminches… » tu risques de leur gâcher leur omelette norvégienne à ces braves gens, y’a pas de raisons !

Elle est pas belle la vie ?

BONUS

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